les enfants de rue

L'expression enfant des rues désigne de façon générale un enfant (au sens de personne mineure) qui vit dans la rue. Son sens et son utilisation sont débattus : alors que ce terme est parfois jugé péjoratif et dépréciatif, d'autres estiment, au contraire, qu'il donne à ces enfants une identité.
On parle aujourd'hui d'enfant en situations de rue en en distinguant trois types: Les enfants de la rue vivent et habitent dans la rue, les enfants dans la rue travaillent dans la rue mais ont une famille et un domicile, les enfants à la rue sont en situation de fugue temporaire mais peuvent finir par rester dans la rue. Certains enfants peuvent aussi vivre avec leur famille dans la rue, ou dans un refuge pour enfants des rues ; certains travaillent, ou vont à l'école.

Statistiques

Le nombre total d'enfants des rues est inconnu mais selon l’UNICEF il s’élèvent a plusieurs dizaines de millions dans le monde1. Il n'y a pas de recensement de ces enfants, et les seules sources sont des estimations provenant d'associations locales, faites au niveau d'une ville. Mais les chiffres varient selon la définition employée (DE, DANS, A la rue), et sont parfois exagérés pour « mieux » défendre leur cause. Les estimations font ainsi état de 11 millions d'enfants des rues en Inde, 445 000 au Bangladesh, 250 000 au Kenya, 200 000 à Kinshasa, etc.
La majorité des enfants des rues sont des garçons, les conditions de survie dans la rue contraignant les filles à chercher des abris ou des protecteurs très rapidement. Ceci est dû aussi aux différentes formes de travail des enfants : le secteur informel de la rue est plus souvent du domaine des garçons (bricolage, vente, cireur de chaussures, etc.) tandis que le travail des filles est souvent domestique et donc caché

Vulnérabilité

La plupart des associations et organismes s'accordent pour affirmer que les enfants des rues sont davantage à risque que les autres enfants, notamment le risque d'exploitation (travail forcé, exploitation sexuelle...), mais aussi de vulnérabilité face aux dangers de la ville : conditions météorologiques, maladies liées à l'eau, la nourriture ou la pollution, dangers de la circulation, agressions, etc.
Considérés comme « illégaux » dans de nombreux pays, ils sont très souvent pourchassés par la police ou les milices privées.

Abandon d'enfants

L’abandon d'enfants peut prendre plusieurs formes, parfois régulées comme c'est le cas pour les safe-haven laws (en) dans certains États des États-Unis, qui permet à la mère d'accoucher à l'hôpital et en toute légalité, réduisant ainsi les cas de mortalité infantile. En ce cas, l'abandon d'enfants hors de cette procédure est souvent pénalisée.
Certains pays du Maghreb, dont le Maroc1 et l'Algérie, tolèrent la pratique de l'abandon d'enfants, et ont mis en place des formes d'accouchement sous X, sans que celles-ci ne soient officialisées ; au Maroc2, ceci va de pair avec une criminalisation de la mère, assimilée à une prostituée.

Histoire

Historiquement, de nombreuses cultures de l'Antiquité ont pratiqué l'abandon des nouveau-nés, la mythologie gréco-romaine et les écritures hébraïques évoquent souvent une forme de cet abandon appelé exposition de l'enfant (en) pour des personnages illustres3. La Patria Protestas romaine de droit de vie et de mort du père sur les enfants est abolie en 374, la loi impériale « Lex Pompeia de parricidis » interdisant l'exposition des enfants4.
En France, l’exposition des enfants aux portes des églises remonte au IVe siècle. Le premier asile pour enfants est fondé par l’évêque d’Angers au VIIe siècle5.
En Europe, au XVIe siècle, l'abandon tombe en désuétude avec l'institutionnalisation (par l'État, l'Église, telle la Maison de la couche fondée en 1638 par Vincent de Paul) du recueil des enfants. À partir du XVIIIe siècle, la mise en place des tours d'abandon (présentes en Italie dès le XVe siècle) permet aux mères d'abandonner leurs enfants dans des lieux sûrs6. Au début du XIXe siècle, la philanthropie catholique envoie des orphelins, jeunes délinquants ou enfants abandonnés dans des colonies agricoles placées non loin des colonies pénitentiaires. Au milieu du XIXe siècle, 25 à 30 000 enfants sont abandonnés par an en Europe, plus de trois millions d’enfants sont « exposés » par les français, trois ou quatre fois plus à l’échelle continentale entre 1750 et 19507.
L'Assistance publique créée sous la Troisième République place les enfants essentiellement en campagne dans des familles d'accueil rurales, nombreuses, rétribuées pour ce service. Une évolution notable en France a lieu avec la procédure d'adoption promulguée par le décret-loi du 29 juillet 19398 du Code de la famille (légitimation adoptive permettant de rompre avec la famille d'origine) qui a pour effet de confier l'enfant abandonné à un couple sans enfant, citadin et riche9.
Il existe depuis quelques années dans certains pays européens (Hongrie, Suède…) des "boîtes à bébés" (Babyklappen en Allemagne) installés auprès de certains établissements de santé pour les enfants. Les enfants qui auraient pu être déposés dans la rue, voire tués, peuvent y être déposés en toute discrétion dans une de ces boîtes conçues comme des couveuses. 400 enfants auraient été ainsi récupérés ces dernières années10.

Causes

Ce phénomène d'abandon s'explique par plusieurs causes, tenant soit à l'incapacité économique de la mère de subvenir à ses besoins, soit à des raisons psychologiques, soit à des raisons d'ordre social tenant par exemple au stigmate frappant les enfants naturels, nés hors-mariage.
Les raisons de l'abandon en France : grossesse issu d'un viol, pauvreté, parents biologique sdf, le très jeune âge des parents biologiques, la découverte d'un handicap de l'enfant pendant la grossesse, la religion.
Autres raisons : la maltraitance, l'enfant sera alors retiré à sa famille biologique.

Solutions

  • foyer pour enfants ;
  • placement en famille d'accueil ;
  • adoption dans une nouvelle famille avec création de liens de filiation.
La plupart des enfants adoptables en France ne sont pas orphelins. Leur familles biologique ne pouvant prendre soin d'eux, l'adoption est une solution pour trouver une famille à l'enfant.

Notes et références

  1. Depuis juin 2011, le gouvernement marocain subventionne l'accouchement à l’hôpital à raison de 50 MAD, et ce afin de limiter les accouchements à domicile et réduire les taux de mortalité infantile. Source : http://santemaroc.byethost9.com [archive]
  2. Voir entre autres le Dahir portant loi no 1-93-165 du 22 rebia I 1414 (10 septembre 1993) relatif aux enfants abandonnés ; Bulletin officiel, no 422 - 27 rebia I 1414 (15-9-93), p. 479; loi réformée en 2002 par la Loi 15-1 relative à la prise en charge des enfants abandonnés promulguée par le dahir no 1-02-172 du 13 juin 2002, Bulletin Officiel no 5036 du 15 septembre 2002.
  3. Pierre Brulé, « L’exposition des enfants en Grèce antique : une forme d’infanticide », Enfances & Psy, no 44,‎ , p. 19-28
  4. Paul Vasseur, Protection de l'enfance et cohésion sociale du IVe au XXe siècles av. J.-C., L'Harmattan,‎ 1999, p. 17-23
  5. Myriam Provence, Les enfants abandonnés et les enfants naturels : Histoire, sources méthodes de recherche [archive]
  6. Paul Vasseur, op. cité, p. 97
  7. Jean-Pierre Bardet, « L'enfant abandonné au cœur des interrogations sociales », Histoire, Économie et Société, vol. 6, no 3,‎ 1987, p. 292
  8. Décret-loi du 29 juillet 1939 relatif à la famille et à la natalité française [archive].
  9. Ivan Jablonka« Assistance et adoption », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 24 octobre 2012
  10. Reportage « enquête sur les boîtes à bébés hongroises » dans l'émission de TF1, "Sept à huit", 26 août 2012

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